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Rencontre avec Vazul Endre Mándli | House of Music Hungary

Head of Exhibition Departement

Unframed Collection est partenaire de NUMIX Lab, un événement itinérant européen dédié à la création numérique, conçu comme un espace de dialogue entre professionnels du secteur et institutions culturelles. La 6e édition, organisée en 2025, a réuni 459 participants venus du monde entier pour découvrir 16 lieux répartis entre Budapest, Veszprém, Vienne et Linz, et favoriser des collaborations structurantes autour des pratiques culturelles immersives. 

À cette occasion, nous somme allez à la rencontre de Vazul Endre Mándli, responsable du département des expositions à la House of Music Hungary, une institution innovante ouverte en 2022 à Budapest. Conçu comme un espace hybride mêlant concerts, éducation et expositions, la House of Music Hungary explore de nouvelles manières d’engager les publics avec la musique à travers des formats immersifs et interactifs.

Durant cette rencontre, Vazul Endre Mándli revient sur la façon dont les technologies numériques transforment la relation entre les publics et le patrimoine musical, sur les défis liés à l’intégration d’outils immersifs dans une institution centrée sur le son, ainsi que sur l’ambition de développer des formats immersifs à dimension internationale.

« Les technologies immersives permettent de repenser profondément l’expérience musicale. Dans nos expositions, le son devient spatial, personnel et narratif. Les visiteurs ne se contentent plus d’écouter : ils se déplacent à travers le son. Ce qui fait la singularité de notre approche, c’est aussi l’articulation entre nos trois piliers. Nous créons constamment des passerelles entre concerts, expositions et éducation.»
– Vazul Endre Mándil

Rencontre avec Vazul Endre Mándli
House of Music Hungary ©LIGET BUDAPEST - Palkó György
Pour commencer, pouvez-vous présenter la House of Music Hungary et votre rôle au sein de l’institution ?

Vazul Endre Mándli – La House of Music Hungary a ouvert en janvier 2022. Elle repose sur trois piliers principaux : les événements musicaux live, l’éducation musicale et les expositions. La plupart des visiteurs la découvrent d’abord comme un lieu de concert, avec des performances quotidiennes.

Je dirige le département des expositions, situé en sous-sol et composé de plusieurs espaces : une exposition permanente, un espace d’exposition temporaire, un dôme sonore et un espace sonore créatif. Ensemble, ils forment un environnement immersif dédié à l’exploration de la musique sous de nouvelles formes.

L’exposition permanente est au cœur de cette vision. Elle propose un parcours à travers l’histoire de la musique – des sons de la nature aux enregistrements contemporains – dans une approche entièrement immersive. Chaque visiteur suit un parcours individuel grâce à un système de casque 3D diffusant un contenu sonore géolocalisé.

Nous combinons narration, design sonore et interactivité pour créer une expérience à la fois pédagogique et engageante, malgré la présence de peu d’objets traditionnels.

Comment les technologies numériques et immersives redéfinissent-elles la manière dont les publics appréhendent la musique et le patrimoine sonore ?

V. E. M. – Les technologies immersives permettent de repenser profondément l’expérience musicale. Dans nos expositions, le son devient spatial, personnel et narratif. Les visiteurs ne se contentent plus d’écouter : ils se déplacent à travers le son.

Ce qui fait la singularité de notre approche, c’est aussi l’articulation entre nos trois piliers. Nous créons constamment des passerelles entre concerts, expositions et éducation.

Par exemple, un groupe se produisant en concert peut également être présenté à travers une œuvre immersive dans le dôme sonore. Ou bien les visiteurs peuvent découvrir des installations en réalité augmentée ou virtuelle avant d’assister à un concert.

Nous développons également des dispositifs interactifs qui traduisent la musique en expériences visuelles ou spatiales. Dans un projet, la musique jouée en direct était transformée en images en temps réel derrière les musiciens. Ces expérimentations nous permettent de toucher de nouveaux publics, notamment les plus jeunes.

Rencontre avec Vazul Endre Mándli
© House of Music Hungary
Développez-vous actuellement des projets immersifs ou numériques ? Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

V. E. M. – Oui, nous développons désormais des projets à vocation internationale. L’un d’eux est une expérience immersive autour de Pompéi.

Nous travaillons à partir de scans 3D du site archéologique, que nous combinons avec des reconstitutions musicales de l’Antiquité. Ces compositions sont basées sur des recherches historiques et des instruments recréés. L’objectif est de proposer un récit immersif mêlant espace, histoire et son.

Nous développons également une exposition immersive d’envergure dédiée à Freddie Mercury, que nous souhaitons faire circuler à l’international.

Par ailleurs, nous poursuivons nos expérimentations dans l’espace public. Nous concevons par exemple des dispositifs sonores en extérieur permettant d’écouter des fragments de concerts depuis l’extérieur du bâtiment. Ces projets prolongent l’expérience au-delà des espaces traditionnels.

Quelles sont, selon vous, les principales opportunités offertes par le croisement entre musique, patrimoine et innovation numérique ?

V. E. M. – La principale opportunité est d’ouvrir la musique à des publics plus larges. Les technologies numériques créent de nouveaux points d’entrée : certains viennent pour les images et découvrent la musique, d’autres l’inverse.

Elles permettent aussi de relier différentes disciplines – son, image, espace, interaction – de manière inédite, et de proposer des expériences plus riches et engageantes.

Rencontre avec Vazul Endre Mándli
© House of Music Hungary
Dans le même temps, quels sont les principaux défis liés à l’intégration de ces formats pour une institution dédiée à la musique ? 

V. E. M. – Le principal défi est de préserver l’essence de la musique. La musique est profondément humaine et physique. En utilisant des technologies numériques, nous devons veiller à ne pas perdre cette dimension. La technologie ne doit pas être utilisée pour elle-même : elle doit servir le sens et l’expérience.

Un autre enjeu important est celui de la durabilité. Notre bâtiment est situé dans un parc, entouré de nature. Cela nous rappelle constamment que l’innovation doit être responsable. Les expériences numériques nécessitent des ressources, et nous devons en être conscients.

Quelles sont vos ambitions pour la House of Music Hungary dans les prochaines années en matière d’initiatives numériques ou immersives ? Y a-t-il des formats, des collaborations ou des publics spécifiques que vous souhaitez développer ?

V. E. M. – Notre ambition principale est de nous développer à l’international. Nous souhaitons collaborer avec d’autres institutions, musées et créateurs, et développer des projets qui peuvent circuler à l’échelle mondiale.

Nous travaillons déjà avec des partenaires en France, en République tchèque et en Italie. Nous souhaitons renforcer ce réseau et nous inscrire dans un écosystème global de lieux immersifs.

En parallèle, nous continuerons à explorer les formats numériques et immersifs, avec un objectif constant : créer des expériences porteuses de sens, tout en restant fidèles à l’essence de la musique.

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